Donald Trump a fait toute sa carrière, dans les affaires puis dans les médias et enfin en politique, en mettant en avant son caractère intransigeant et sa capacité à instaurer et gagner un rapport de force : bref il se présente comme un « tough guy » – un dur. En 2016, il avait joué de cet argument pour écarter les critiques sur son style peu académique et ses débordements verbaux (et comportementaux) et rallier des électeurs qui n’appréciaient pas sa personnalité mais qui pensaient que ce type de personnalité était un mal nécessaire pour « assécher le marigot »1Le slogan « drain the swamp » avait beaucoup plu aux électeurs de Trump en 2016. de Washington et secouer l’ « establishement » et les élites.
Mais depuis le début de la pandémie de coronavirus et encore plus depuis quelques semaines, la petite musique qui monte dans les médias est que Trump n’est pas le leader qu’il prétend être et surtout, ce qui énerve le Président au plus haut point, que c’est en réalité un faible.
Commençons par la faiblesse physique : le Président qui se dit en pleine forme et en fait des tonnes sur le sujet, est apparu en réalité fatigué lors d’un discours devant les nouveaux diplômés de l’académie militaire de Westpoint le 13 juin : il a peiné pour descendre du podium et il a semblé en difficulté pour boire un verre d’eau, obligé de le tenir à deux mains. Ces images ont été immédiatement relayées et utilisées par ses opposants.
Vexé, il a tweeté sur le sujet, remettant de fait une pièce dans la machine médiatique, puis passé une vingtaine de minutes lors de son premier meeting de campagne dans l’Oklahoma à expliquer que la rampe était glissante, qu’il n’avait pas les semelles adaptées, puis qu’il avait tenu son verre à deux mains pour ne pas abîmer la cravate en soie offerte par sa femme, avant de boire en tenant son verre d’une main sous les acclamations de ses supporters.
Bien sûr on ne peut qu’être affligé du niveau auquel se situe actuellement le débat politique, mais ces anecdotes ne sont pas pour autant insignifiantes politiquement puisque le Président non seulement joue les durs mais traite par ailleurs son concurrent Joe Biden de vieillard sénile.
De même, plusieurs anecdotes ont été interprétées comme un signe de fragilité émotionnelle : en premier lieu, face une journaliste asiatique-américaine qui ne laissait pas intimider par sa première réponse particulièrement désagréable et insidieuse, le Président a tout simplement mis fin abruptement à la conférence de presse. Que le Président n’aime pas être contredit par une femme, encore plus issue d’une minorité ethnique, cela ne surprendra personne2Il avait déjà attaqué violemment à plusieurs reprises une journaliste afro-américaine qui le mettait face à ses contradictions sur la gestion du coronavirus… mais on a surtout vu à cette occasion qu’il ne savait pas (ou plus) comment réagir et n’arrivait pas à tenir ses nerfs.
De même, après le meeting de Tulsa le 20 juin, les images de son retour à la Maison Blanche, l’air abattu et la cravate dénouée, ont frappé les esprits et ont été immédiatement associées au fait que ce meeting, annoncé comme triomphal avec 1 millions d’inscriptions pour acheter des tickets, s’est avéré être un bide en matière de participation : l’arène sportive était remplie seulement au deux tiers par 12 000 personnes et l’événement organisé à l’extérieur pour les participants qui n’auraient pas pu rentrer a été annulé3En pratique, le discours retransmis en direct a fait une très forte audience télévisée mais c’est la faible participation sur place qui a fait la une, en ce qu’elle contredisait les annonces du Président et traduisait sans doute l’inquiétude, y compris chez les supporters de Trump, par rapport au coronavirus..
Si tout cela reflète largement son narcissisme exacerbé et un refus de toute contradiction, ces différents incidents sont désormais également perçus comme la preuve d’une difficulté à surmonter les obstacles et les difficultés.
Le Président prend d’ailleurs de moins en moins de questions pendant les conférences de presse, et s’il n’est évidemment pas question pour lui de renoncer à toute exposition médiatique, il se limite au confort des interviews sur Fox News, lors desquelles aucune question délicate n’est jamais posée et qui lui permettent de se rassurer.
Il a aussi été moqué pour s’être réfugié dans le bunker de la Maison-Blanche pendant une des premières manifestations contre les violences policières à Washington. Les médias ont alors rappelé que Richard Nixon – auquel l’équipe de campagne de Trump essaye d’identifier son candidat, en reprenant le fameux slogan « law and order » porté par Nixon pour son élection en 1968, ou la théorie de la « majorité silencieuse » – était allé discuter, au plus fort des manifestations contre la guerre du Vietnam, avec militants anti-guerre qui occupaient le parvis du mémorial Lincoln à Washington.
Au-delà de la forme, c’est aussi sur le fond que la faiblesse du Président a été mise en avant ces derniers jours et plus particulièrement en politique étrangère : c’est d’abord le livre de John Bolton son ancien conseiller à la sécurité nationale qui a fait beaucoup de bruits. Il y raconte notamment combien tant Vladimir Poutine que Xi Jin Ping se jouent régulièrement du Président et combien ils paraissent satisfaits d’avoir un interlocuteur aussi docile et manipulable.
Bien sûr, Bolton est un « faucon » va-t-en guerre 4Il avait été nommé ambassadeur américain aux Nations-Unies par George W. Bush, et fait partie de l’école Dick Cheney, vice-président de George W. Bush et grand artisan de la guerre en Irak en 2003.(ses principaux reproches portent sur le fait que Trump ait cherché à négocier avec la Corée du Nord ou n’ait pas répondu plus violemment aux provocations iraniennes), détesté par une bonne partie de la classe politique5Et on trouvera toujours des républicains pour trouver que n’importe quel Président est trop faible en politique étrangère. mais son livre apporte de l’eau au moulin des observateurs qui considèrent que Trump parle beaucoup mais agit peu s’agissant de la Russie et de la Chine6Le Président s’enorgueillit d’avoir imposé un accord commercial au chinois. Mais quand Bolton explique qu’il a prié son homologue chinois de continuer à lui acheter des produits agricoles en lui expliquant qu’il en avait vraiment besoin pour sécuriser les voix des agriculteurs du Midwest en vue de sa réélection, on a surtout le sentiment que Trump est en position de faiblesse face à la Chine., deux grandes puissances qui obnubilent les américains. Tout ceci donne l’impression, s’agissant de la politique étrangère, qu’au-delà des grands discours, le Président est surtout fort avec les faibles (l’organisation mondiale de la santé, à qui il retire les financements) et faible avec les forts.
Surtout, ces accusations ont trouvé un écho immédiat dans une affaire révélée il y a une semaine par le New York Times : les services de renseignement américains auraient appris que les services secrets russes offraient des récompenses aux talibans pour le meurtre de soldats américains, auraient transmis l’information à la Maison-Blanche sans que celle-ci ne réagisse en aucune façon.
Pire, le Président et son administration auraient reçus l’information fin janvier ou début février, soit avant que le Président ne propose à ses partenaires du G7 d’inviter à nouveau la Russie pour reconstituer le G8. Pendant ce temps, plusieurs morts de soldats américains en Afghanistan seraient imputables aux primes promises aux talibans.
La Maison-Blanche a eu toutes les peines à se justifier7L’argument selon lequel les services de renseignement étaient divisés sur la véracité de l’information et que tout cela était à nouveau une supercherie est très fragile puisqu’on a rapidement découvert que des officiels américains avaient évoqué le sujet avec leurs homologues européens par exemple. : s’il n’était pas au courant, c’est qu’il ne lit pas les fameux rapports quotidiens au Président établis par les services de renseignements et néglige sa mission. S’il était au courant, il a délibérément choisi de ne pas traiter le sujet avec son homologue russe.
Dans tous les cas, il apparaît comme soit incompétent et écarté de l’exercice du pouvoir par son administration, soit comme aux mains de Poutine et donc faible8Cela ne fait qu’accentuer les interrogations sur la relation entre Trump et la Russie, accusée d’avoir en sous-main favorisé son élection en 2016 via une campagne numérique anti-Clinton forcenée..
Le fait que le Président ait été incapable – ou ait refusé – de défendre des soldats américains des attaques russes constitue un coup sérieux à l’image de Donald Trump car protéger les américains à l’extérieur et à l’intérieur est sans doute considéré par une très grande majorité de la population américain comme la mission n°1 du Président.
En 2020, le Président a échoué sur les deux terrains : en interne, la pandémie de coronavirus n’est pas maîtrisée, l’économie est très fragilisée, les tensions sociales sont exacerbées et il règne un certain désordre, alimenté par le Président, suite à une gestion contre-productive de la mort de George Floyd. En externe, le Président n’a rien fait pour protéger des soldats américains en mission alors que son administration était informée d’un danger imminent. Où est donc le « tough guy » ?
Ses opposants politiques, notamment républicains, ont immédiatement saisi le sujet et insistent sur cet aspect de son bilan. Les critiques sur le style dur et exagérément viril du Président n’ayant pas fonctionné en 2016 et pas vraiment mieux depuis son investiture (sa côté de popularité est resté très stable jusqu’à début 2020 malgré les incessantes provocations), l’idée est d’essayer de convaincre les électeurs qui ont voté Trump en 2016 que le Président est en réalité un faible et que dès lors, voter pour lui revient à avoir les inconvénients de sa personnalité sans les prétendus avantages.
C’est aussi une façon d’éviter de critiquer les électeurs de Trump en 2016 (ce qui est toujours risqué – on se souvient qu’Hillary Clinton avait beaucoup pâti d’avoir qualifié les supporters de Trump de « lamentables ») en leur disant non pas qu’ils sont responsables de la situation actuelle mais plutôt qu’ils ont été trompés par le Président.
C’est ainsi que les organisations rassemblant des républicains anti-Trump et menant campagne contre lui, tel le Lincoln Project qui publie régulièrement des spots télévisés assassins sur le Président, ou « Republican voters against Trump » insistent désormais fortement sur cet aspect.
Le Président a peiné à contrecarrer ces attaques qu’il n’a pas eu la sagesse d’ignorer à l’instar de Joe Biden qui fait comme si les critiques sur sa prétendue sénilité n’existaient pas. En mentant maladroitement (il aurait été « inspecter » le bunker de la Maison-Blanche, la pente de Westpoint était particulièrement glissante), il n’a fait que renforcer les moqueries et l’image d’un Président peu sûr de lui.
Il s’est donc rabattu sur deux axes de communication : le premier, sans surprise, est d’accuser la presse de mentir et d’exagérer, ou John Bolton9Qu’il insulte copieusement sur Twitter. ou la communauté du renseignement de lui en vouloir personnellement, utilisant à nouveau la rhétorique employée pendant la procédure d’ « impeachment » il y a quelques mois ou pendant l’enquête sur les ingérences russes dans la campagne de 2016.
Le deuxième est de saisir toute occasion qui se présente pour contre-balancer cette image de faiblesse et d’exagérer les réactions en la matière. C’est ce qui amène le Président à tweeter presque quotidiennement le slogan « law and order ! » ou à menacer les manifestants contre les violences policières ou les auteurs des dégradations sur certains monuments de sanctions particulièrement graves.
Il a aussi fait depuis plusieurs jours de la protection des monuments son cheval de bataille10Certains ont ainsi fait remarqué que le Président consacrait toute son énergie à défendre des soldats confédérés considérés comme des traîtres alors qu’il laisse des américains en mission en Afghanistan se faire tuer. et le symbole de la défense de « l’Amérique » et de son histoire.
C’est ainsi qu’il a signé un décret fixant à 10 ans la peine minimale encourue pour la dégradation de monuments historiques11Il retweete régulièrement les avis de recherche lancés pour retrouver les personnes impliquées, faisant d’ailleurs craindre que des individus ou des milices locales ne fassent justice eux-mêmes..
Mais quand le Président indique vouloir protéger « notre histoire et notre patrimoine », mais ce n’est pas l’histoire et le patrimoine de tous les américains qu’il évoque mais l’Amérique des américains blancs nostalgiques de la période ségrégationniste.
Le Président entretient aussi une grande confusion pour dramatiser la situation : les mouvements en cours visent bien à bannir les statues de personnages historiques confédérés (ou responsables des massacres d’indiens, comme Christophe Colomb ou le Président Andrew Jackson) ou à retirer des statues de présidents américains, non pas pour critiquer ces présidents mais parce que les statues ou les monuments elle-mêmes véhiculent des messages racistes (c’est le cas par exemple d’une statue à New York de Theodore Roosevelt, Président très estimé, qui le représente sur son cheval avec à ses pieds un afro-américain et un indien américain en position de soumission). Si certains des militants les plus radicaux de « Black Lives Matter » ont des positions jusqu’au-boutistes et supprimeraient la plupart des monuments américains, ils restent marginaux.
Or le Président fait comme si les pères fondateurs eux-mêmes (et par suite l’existence de l’Amérique elle-même) étaient « menacés » et c’est ainsi qu’il a choisi de prononcer un discours au pied du mont Rushmore extrêmement violent dans lequel il qualifie le mouvement de protestation contre les discriminations raciales de mouvement « fasciste d’extrême-gauche », l’accuse de vouloir détruire les Etats-Unis et appelle à la résistance.
Notre Nation assiste à une campagne sans merci qui vise à détruire notre histoire, salir nos héros, faire disparaître nos valeurs et endoctriner nos enfants. Des voyous en colère essayent de mettre à bas les statues des Pères Fondateurs, de dégrader nos monuments les plus sacrés et de déchaîner une vague de violence et de crime dans nos villes. […] Une de leurs armes politiques est la culture du dénigrement : faire renvoyer des personnes de leur travail, humilier ceux qui ne partagent par leur opinion, demander une soumission totale à ceux qui ne sont pas d’accord. C’est la définition même du totalitarisme […].
Dans nos écoles, nos salles de presse, et même dans les conseils d’administrations de nos entreprises, il y a un nouveau fascisme d’extrême-gauche qui réclame une allégeance absolue. Si vous ne parlez pas son langage, n’accomplissez pas ses rituels, ne récitez pas ses mantras et ne suivez pas ses commandements, alors vous serez censurés, blacklistés, persécutés et punis. Mais cela ne se passera pas comme ça.
Ne nous y trompons pas : cette révolution culturelle d’extrême-gauche est faite pour renverser la Révolution Américaine12Il s’agit de l’expression utilisée pour désigner le mouvement et la guerre ayant conduit à l’indépendance des Etats-Unis. Ce faisant, ils veulent détruire cette civilisation qui a sauvé des milliards d’être humains de la pauvreté, la maladie, la violence et la faim et qui a conduit l’humanité à la réussite et au progrès. Pour cela, ils veulent renverser chaque statue, chaque symbole ou souvenir de notre patrimoine national. […]
Contre toute loi sociale ou naturelle, on dit à nos enfants dans les écoles de détester leur pays et de penser que les hommes et les femmes qui l’ont construit n’étaient pas des héros mais des criminels.[…] Cette idéologie radicale qui attaque notre pays avance sous la bannière de la justice sociale. Mais en réalité, elle détruirait la justice et la société. Elle transformerait la justice en un instrument de division et de revanche et ferait de notre société libre et inclusive un lieu de répression. Ils veulent nous réduire au silence, mais nous ne nous laisserons pas faire. […]
En jetant à bas les héros de 1776, ils cherchent à dissoudre les liens d’amour et de loyauté que nous ressentons pour notre pays, et que nous ressentons les uns envers les autres. Leur but n’est pas de construire une meilleure Amérique, leur but est d’en finir avec l’Amérique. […] Mes chers compatriotes, il est temps de s’exprimer à voix haute, fermement et puissamment et de défendre l’intégrité de notre pays.
Donald Trump, au Mont Rushmore le 3 juillet.
Au-delà de mettre de l’huile sur le feu des divisions du pays sur la question raciale, on a surtout l’impression que le Président est à contre-temps de l’opinion publique majoritaire sur ces sujets : plutôt qu’une démonstration de force ou un affrontement sur la question raciale, les américains semblent plutôt majoritairement souhaiter de l’apaisement, un dialogue et des avancées sur la question.
Certes les plus fervents supporters de Trump et leurs relais médiatiques que sont Fox News ou Breitbart poussent le Président dans cette direction et lui reproche même parfois son manque de réaction. D’une certaine façon, pour ceux-là, le Président n’en fera jamais vraiment assez puisque leur objectif est une victoire totale dans la « guerre culturelle » qu’ils mènent contre les progressistes politiquement corrects, l’Amérique cosmopolite, etc. Et ils voteront sans doute pour lui dans tous les cas.
En revanche, lorsque le Président en fait trop sur la question raciale pour jouer au dur, il se rassure peut-être en se mettant dans sa « zone de confort » politique et dans une posture qu’il maîtrise mais il semble se couper d’une grande partie des américains, qui lui reprochait déjà avant qu’il ne durcisse encore son discours ces derniers jours d’envenimer la situation et qui continue à soutenir le mouvement « Black Lives Matter »13Le New Times indiquait ainsi le 4 juillet avoir réalisé un sondage selon lequel 73% des modérés et 53% des conservateurs modérés ont une opinion favorable du mouvement..
De plus, les gesticulations du Président mettent surtout en avant le fait qu’il ne maîtrise rien. S’agissant des incidents lors des manifestations qui ont suivi la mort de George Floyd et du retour à l’ordre, il a eu beau proposer d’envoyer l’armée, ce sont bel et bien les gouverneurs qui, en vertu de leurs prérogatives, ont géré la situation et ramené globalement le calme.
Le Président appelle les autorités de Seattle à démanteler immédiatement et violemment la « zone autonome » (on pourrait assimiler cela à une ZAD) constituée début juin dans le centre-ville : la maire y a procédé dans le calme et avec un nombre réduit d’arrestations le 1er juillet après avoir attendu que la situation s’apaise, que l’enthousiasme s’essouffle et que le constat d’inviabilité du projet soit largement partagé.
Le Président s’oppose à une réorientation du budget de la police vers des actions sociales : cela n’empêche pas les municipalités – certes démocrates – d’avancer en ce sens sans crainte de l’impact électoral.
De même, s’agissant des symboles confédérés ou des monuments jugés offensants pour les minorités, la situation continue à évoluer à l’encontre des discours du Président : après le vote par le Sénat (y compris les républicains) d’une disposition visant à renommer les bases militaires portant des noms de généraux confédérés (le Président a promis d’y mettre son véto14Utilisant au passage le surnom Pocahontas pour se moquer des origines indiennes d’Elizabeth Warren auteur de la proposition soumise au Congrès.), le Mississippi, un des états symboles de l’esclavage et de la ségrégation, a décidé de façon bi-partisane et avec le soutien de 55% de la population, de retirer le drapeau confédéré du drapeau de l’état.
Sous pression des sponsors, l’équipe de football américain des Washington Redskins (les peaux-rouges, le terme ayant une forte connotation raciste envers les indiens américains) a décidé de changer de nom15D’autres équipes comme les Cleveland Indians en base-ball semblent décidées à lui emboîter le pas..
Le Président continue à dénoncer ces évolutions dans des tweets rageurs. La pression imposée par les milieux économiques (qui mènent également une offensive sur Facebook en menaçant de retirer leur publicité du réseau social si ce dernier ne prend pas des actions déterminées pour lutter contre les messages incitant à la haine raciale qui sont largement présent sur le Facebook américain) sur ces questions devrait pourtant alerter le Président : les protestations ne sont pas le fait d’une minorité très active, mais elles infusent dans toute la société au point que les grands groupes américains y voient un enjeu économique fort.
Mais le Président semble toujours convaincu que les sondages sont faux (y compris ceux diffusés par Fox News) et qu’il a le soutien d’une majorité d’américains.
En réalité, depuis quelques temps, Donald Trump semble plutôt avoir perdu son mojo : il réagit à contre-temps, choisit mal les sujets de provocation. Et il paraît toujours plus décalé de la fonction présidentielle (ce qui n’est pas forcément un problème compte tenu de sa posture politique) mais surtout particulièrement inefficace, contre-productif… et faible. Son incapacité à se remettre en cause16Son entêtement à dire que la pandémie de coronavirus est maîtrisée, à louer les bienfaits de l’hydroxychloroquine, à rebours de ce que disent les experts et de ce que constatent eux-mêmes les citoyens américains de nombreux états, en est un exemple chaque jour plus frappant. peut sembler rédhibitoire pour redresser la barre.
En revanche, sa propension à la fuite en avant le rend particulièrement dangereux pour son pays (que ce soit pour les institutions ou pour les américains), et sans doute au-delà, dans les mois qui viennent : nul doute qu’il va continuer à chercher à faire des coups d’éclats pour démontrer sa capacité d’action et sa force, quel qu’en soit le prix.